Romans, nouvelles, poésie

Editions Non Lieu

nonlieu@netcourrier.com

Souviens-toi ramier

Souviens-toi ramier

Tassadit Yacine-Titouh

ISBN 978-2-35270-248-1

15 €
Ces vingt-deux contes d’amour kabyles ont été recueillis dans les villages de Kabylie dans les années 1980.
Ces contes appartiennent, pour la plupart, à la littérature orale, ils sont généralement rapportés par les femmes. La société kabyle s’est ingéniée à décharger dans le phantasme le surplus de ses privations. Ainsi, l’amour banni, parce qu’il est absent, parce qu’il est en fuite le jour, est-il représenté majestueusement la nuit… à la lueur timide des dernières braises… La femme dans le conte ne figure pas seulement un objet de désir, elle est reflet de l’amour que le héros porte en lui. Amour miroir choisi par l’homme pour s’y mirer, s’y qualifier. Miroir idéal ou miroir monstrueux tant qu’il n’a pas atteint son but : amour dangereux où il faut affronter l’autre (l’ogre ou l’ogresse).
Un des mythes fondateurs de la culture kabyle enseigne que l’univers a été créé (mis au monde) par une femme dite Yemma-s n Ddunit. Mère du monde, Yemma-s n Ddunit avait un réel pouvoir, elle régnait sur tout et tous dans un univers enchanté, mais elle commit une grave faute en laissant échapper un pet, sa magie disparut. Depuis, trois figures de femmes surgissent dans les contes : Settoute, la vieille femme méchante, Tsériel, la femme sauvage, Loundja (fille de Tsériel), la femme divine, qui se métamorphose parfois en perdrix. Mère ogresse, fille divine, le héros prédestiné à la conquérir, un prince ou un garçon pauvre, célibataire, vivant chez sa mère, devra accomplir un périple initiatique, déjouer les maléfices de la méchante, amadouer la sauvage, conquérir sa jeune fille, enfin comprendre le message : le sens de l’existence, que lui délivrera Loundja. Au terme du voyage, le prince sera à l’origine de la fondation d’un nouveau groupe, d’une nouvelle société, d’un nouvel état de conscience…

Que mon conte soit beau et se déroule comme un long fil ! Il était une fois un prince…


Les contes d’amour kabyles sont présentés et édités par Tassadit Yacine-Titouh, spécialiste de la culture berbère, directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Elle est notamment l’éditrice scientifique du Journal 1928-1962 de Jean El Mouhoub Amrouche (Non Lieu, 2009).


156 pages, mars 2017.



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